La médiation animale : rencontre avec une psychomotricienne et une psychologue

L’Association Française de Thérapie Assistée par l’Animal accueille une nouvelle psychomotricienne à Montpellier

Découvrez en image le portrait de Ségolène Brager, notre future psychomotricienne de Montpellier, qui va rencontrer sa chienne médiatrice dans quelques jours ! On a voulu savoir comment elle se sentait, à quelques jours d’intégrer notre équipe.. découvrez sa vidéo.

Récit en prison : et si la médiation animale permettait la rencontre et l’ouverture de dialogue ?

Plongée du coeur de la médiation animale dans le milieu carcéral avec Emeline, notre psychologue de Lyon.

Découvrez le témoignage exclusif de Emeline, psychologue qui intervient dans les EHPAD avec son chien, Sunny.

 » J’accompagne une résidente depuis plusieurs semaines. L’objectif initial de cet accompagnement était de favoriser son adaptation à son entrée en EHPAD.

En effet, cette résidente est significativement plus jeune que la moyenne des personnes accueillies au sein de l’établissement, en raison d’une maladie neuro-évolutive précoce dont l’évolution est particulièrement rapide.

Les premiers symptômes ont principalement concerné les fonctions visuelles, puis les troubles mnésiques et, plus récemment, les capacités langagières.

L’alliance thérapeutique s’est construite très rapidement grâce à la présence de Sunny. La résidente manifeste un attachement important aux animaux.

Sunny constitue un support relationnel sécurisant, facilitant l’entrée en interaction et le maintien du lien malgré l’évolution de la maladie.

Au quotidien, la résidente présente des troubles du comportement marqués, notamment des épisodes d’anxiété, d’agitation psychomotrice et d’opposition aux soins.

Ces manifestations peuvent parfois entraîner des mises en danger ou compromettre la réalisation des soins nécessaires. À l’inverse, la présence de Sunny induit de manière constante des modifications comportementales positives. La résidente devient souriante, disponible sur le plan relationnel, plus détendue et davantage engagée dans les échanges.

Les interactions avec le chien semblent exercer un effet apaisant, favorisant une diminution de l’anxiété et une meilleure disponibilité psychique.

Au fil des semaines, la médiation animale est devenue une véritable ressource pour l’équipe soignante. Lorsque je suis présente dans l’établissement, les professionnels peuvent me solliciter afin de faciliter certaines situations de soins rendues complexes par les troubles du comportement de la résidente.

Un exemple particulièrement parlant concerne une intervention récente de la coiffeuse. La résidente était en pleurs, très anxieuse et refusait catégoriquement de se laisser coiffer.

L’introduction de Sunny dans la situation a permis de détourner son attention, de diminuer son niveau de stress et de rétablir un climat de confiance.

En caressant Sunny et en lui parlant, la résidente s’est progressivement apaisée, permettant ainsi à la coiffeuse de réaliser l’ensemble de la prestation prévue.

Cette situation illustre l’intérêt de la thérapie assistée par l’animal en EHPAD, en particulier auprès de personnes présentant des maladies neurodégénératives.

Au-delà du bien-être immédiat qu’elle procure, la présence de l’animal constitue un véritable médiateur thérapeutique.

Elle favorise l’apaisement émotionnel, diminue les troubles du comportement, facilite la communication et l’acceptation des soins, tout en soutenant le maintien du lien social et affectif.

Pour cette résidente, Sunny représente un repère sécurisant et un puissant levier de mobilisation, permettant d’améliorer sa qualité de vie ainsi que les conditions d’accompagnement des professionnels au quotidien.

L’attachement de la résidente à Sunny se manifeste également de manière très concrète dans son environnement de vie. Sa chambre, très personnalisée, est décorée de nombreuses photographies qui constituent pour elle des repères affectifs importants. Parmi celles-ci, Sunny occupe une place.

Des photographies prises au fil des séances sont disposées sur sa table de chevet, son bureau et principalement sur les murs de sa chambre. Ces supports visuels participent au maintien du lien thérapeutique entre les séances, réactivent des souvenirs positifs et constituent un point d’ancrage émotionnel dans un contexte de déclin cognitif évolutif.«

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