L’AFTAA agit pour structurer et professionnaliser la thérapie assistée par l’animal en France.
Table des matières
- Définition de la thérapie assistée par l’animal (TAA)
- Origines scientifiques et fondements de la médiation animale
- Différences entre médiation animale, TAA et zoothérapie
- Cadre professionnel et éthique de la TAA en France
- Domaines d’intervention de la thérapie assistée par l’animal
- Le rôle du chien médiateur en thérapie assistée par l’animal
- Données scientifiques et limites
- Positionnement national de l’AFTAA
- Références scientifiques (sélection)
- Foire aux questions sur la thérapie assistée par l’animal
Définition de la thérapie assistée par l’animal (TAA)
La thérapie assistée par l’animal (TAA) est une intervention thérapeutique structurée intégrant un animal spécifiquement sélectionné et formé au sein d’un projet de soin individualisé, conduit par un professionnel qualifié du secteur sanitaire, médico-social ou éducatif.
La TAA ne peut être réduite à la simple présence d’un animal dans un établissement. Elle repose sur :
- des objectifs thérapeutiques clairement définis,
- une méthodologie structurée,
- une évaluation régulière,
- un cadre institutionnel sécurisé,
- une responsabilité professionnelle engagée.
En France, la croissance rapide des pratiques de médiation animale rend indispensable une clarification rigoureuse des termes et des cadres d’intervention. L’absence de définition structurée expose à des pratiques hétérogènes, parfois insuffisamment encadrées.
L’AFTAA considère que la thérapie assistée par l’animal constitue un domaine d’intervention à part entière, nécessitant professionnalisation, exigence éthique et responsabilité institutionnelle.
Origines scientifiques et fondements de la médiation animale
Les bases scientifiques de la TAA trouvent leur origine dans les travaux du psychologue américain Boris Levinson dans les années 1960. Levinson démontre que la présence d’un chien peut faciliter la communication chez des enfants présentant des troubles relationnels.
Les travaux pionniers de Boris Levinson ont mis en lumière le rôle du lien humain-animal dans le processus thérapeutique. Plusieurs études contemporaines disponibles sur des bases scientifiques internationales comme PubMed ont approfondi ces résultats.
Le psychiatre Aaron Katcher approfondit ensuite l’étude des effets psychophysiologiques de la relation homme-animal, notamment en matière de régulation du stress et d’interactions sociales.
Les recherches en psychiatrie et en psychologie clinique, notamment celles de Aaron Katcher, ont contribué à structurer les bases théoriques des interventions assistées par l’animal.
Depuis, la littérature scientifique internationale met en évidence :
- une diminution des marqueurs physiologiques du stress,
- une amélioration de l’engagement relationnel,
- un soutien à la motivation dans les parcours de rééducation,
- un effet facilitateur dans l’alliance thérapeutique.
Cependant, ces bénéfices ne sont observables que dans un cadre structuré. La simple interaction spontanée avec un animal ne constitue pas une intervention thérapeutique.
Différences entre médiation animale, TAA et zoothérapie
Le développement du secteur a entraîné une multiplication des appellations : médiation animale, zoothérapie, activités assistées par l’animal, thérapie avec le chien.
L’AFTAA considère qu’une distinction claire est indispensable. Le cadre professionnel est central.
Thérapie assistée par l’animal (TAA)
- Objectifs thérapeutiques définis
- Projet de soin individualisé
- Professionnels paramédicaux / médico-sociaux qualifiés responsables
- Évaluation et bilan formalisés
Médiation animale
Terme plus large, pouvant inclure des objectifs éducatifs ou sociaux, sans relever du champ thérapeutique.
Activités assistées par l’animal
Interventions orientées vers le bien-être général, sans structuration clinique formalisée.
Zoothérapie
Terme largement diffusé mais non encadré juridiquement en France. Son usage peut recouvrir des pratiques très hétérogènes.
Dans un souci de protection des bénéficiaires et de crédibilité du secteur, l’AFTAA plaide pour une clarification et une structuration nationale des pratiques.
Cadre professionnel et éthique de la TAA en France
La TAA implique une triple responsabilité :
- Responsabilité envers le bénéficiaire
- Responsabilité institutionnelle
- Responsabilité envers l’animal
L’intervention exige :
- une sélection rigoureuse des animaux,
- une formation spécifique des intervenants,
- un suivi vétérinaire régulier,
- un respect strict des règles d’hygiène et de sécurité,
- une vigilance constante quant au bien-être animal.
L’animal n’est pas un outil thérapeutique. Il est un partenaire vivant dont le respect conditionne la qualité et l’éthique de l’intervention.
Domaines d’intervention de la thérapie assistée par l’animal
La thérapie assistée par l’animal s’inscrit dans des contextes institutionnels variés :
Milieu hospitalier
- accompagnement pédiatrique,
- soutien en soins de longue durée,
- rééducation fonctionnelle,
- oncologie.
Milieu carcéral
- travail sur la régulation émotionnelle,
- responsabilisation,
- médiation relationnelle.
Personnes âgées
- stimulation cognitive,
- réduction de l’isolement,
- accompagnement des troubles neurocognitifs.
Enfance et handicap
- troubles du spectre autistique,
- troubles psychomoteurs,
- difficultés relationnelles,
- troubles de l’attachement.
Chaque intervention nécessite une adaptation méthodologique précise et un cadre institutionnel clair.
Le rôle du chien médiateur en thérapie assistée par l’animal
Le chien médiateur ne peut être choisi au hasard.
Il doit présenter :
- un tempérament stable,
- une socialisation approfondie,
- une capacité d’adaptation aux environnements sensibles,
- une formation spécifique aux contextes institutionnels,
- un suivi vétérinaire structuré.
Le binôme intervenant-chien constitue l’unité opérationnelle de l’intervention. La qualité de ce binôme conditionne la sécurité et l’efficacité des séances. L’animal n’est jamais un outil.

Données scientifiques et limites
Les recherches contemporaines indiquent des effets positifs mesurables sur :
- la diminution de l’anxiété,
- l’amélioration de l’humeur,
- la facilitation des interactions sociales.
Cependant, la TAA n’est ni universelle ni substitutive aux autres formes de soin. Elle s’intègre dans un dispositif thérapeutique global.
L’approche professionnelle exige rigueur méthodologique, évaluation et adaptation continue.
Positionnement national de l’AFTAA
L’AFTAA s’inscrit dans une démarche de structuration nationale de la thérapie assistée par l’animal en France.
Elle défend :
- une définition claire et exigeante de la TAA,
- une professionnalisation rigoureuse des intervenants,
- un respect strict du bien-être animal,
- une responsabilité institutionnelle assumée,
- une clarification des pratiques sur le territoire national.
Position de l’AFTAA
- La TAA doit être encadrée par des professionnels qualifiés.
- La simple présence d’un animal ne constitue pas une intervention thérapeutique.
- Le bien-être animal est une condition non négociable.
- La structuration nationale des pratiques est indispensable.
Dans un secteur en expansion, il est indispensable de préserver un haut niveau d’exigence scientifique et éthique afin de garantir la qualité des interventions et la protection des bénéficiaires.
Références scientifiques (sélection)
- Levinson, B. (1969). Pet-Oriented Child Psychotherapy.
- Katcher, A., Beck, A. (1983). New Perspectives on Our Lives with Companion Animals.
- Fine, A. (2015). Handbook on Animal-Assisted Therapy.
- Beetz, A. et al. (2012). Psychosocial and psychophysiological effects of human-animal interactions.
Foire aux questions sur la thérapie assistée par l’animal
La médiation animale est un terme générique désignant les interactions entre l’humain et l’animal dans un objectif d’accompagnement, de soutien ou de mieux-être.
La thérapie assistée par l’animal (TAA), quant à elle, s’inscrit dans un cadre thérapeutique structuré, mené par un professionnel formé (psychologue, psychomotricien, éducateur spécialisé, etc.) et intégré dans un projet de soin défini.
La TAA implique des objectifs thérapeutiques précis, une évaluation et un cadre éthique strict.
Le terme “zoothérapie” est souvent utilisé de manière imprécise.
En France, il n’existe pas de reconnaissance officielle du titre de “zoothérapeute”.
La thérapie assistée par l’animal doit être exercée par un professionnel qualifié dans son domaine initial, l’animal étant un médiateur intégré à la pratique thérapeutique.
La TAA doit être pratiquée par un professionnel diplômé dans un champ du soin, du médico-social ou de l’éducation spécialisée.
L’intervention avec l’animal vient compléter une compétence clinique déjà existante.
La simple présence d’un animal ne constitue pas un acte thérapeutique.
À ce jour, la thérapie assistée par l’animal ne bénéficie pas d’un cadre légal spécifique en France.
Cependant, les professionnels qui la pratiquent sont soumis aux obligations réglementaires de leur profession (code de déontologie, secret professionnel, responsabilité civile, etc.).
Le bien-être animal est également encadré par la législation relative à la protection animale.
Les études scientifiques montrent des effets positifs sur :
– la réduction de l’anxiété,
– la régulation émotionnelle,
– l’amélioration des interactions sociales,
– la motivation et l’engagement thérapeutique.
Les travaux pionniers de Boris Levinson et de Aaron Katcher ont contribué à structurer les bases scientifiques de ces pratiques.
La médiation animale n’est pas reconnue comme une profession réglementée par l’État en France.
Cependant, lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre thérapeutique, elle relève des obligations professionnelles du praticien (psychologue, psychomotricien, éducateur spécialisé, etc.).
L’absence de titre réglementé ne dispense pas d’un cadre éthique, de compétences professionnelles solides et du respect du bien-être animal.
Il n’existe pas de diplôme d’État spécifique en médiation animale.
La pratique sérieuse de la thérapie assistée par l’animal repose d’abord sur une qualification professionnelle dans le champ du soin, du médico-social ou de l’éducation.
Les formations complémentaires doivent renforcer la compréhension du comportement animal, de l’éthique d’intervention et du cadre thérapeutique.
Non.
La présence d’un chien, même bien éduqué, ne constitue pas une compétence thérapeutique.
La thérapie assistée par l’animal exige une qualification professionnelle préalable dans un domaine reconnu.
L’animal est un médiateur au service d’un projet thérapeutique structuré.
Les recherches scientifiques montrent des effets significatifs sur la diminution du stress, la régulation émotionnelle et l’amélioration des interactions sociales.
Toutefois, l’efficacité dépend du cadre d’intervention, des objectifs définis et de la qualification du professionnel.
La TAA n’est ni une méthode miracle ni une pratique informelle : elle s’inscrit dans un travail thérapeutique structuré.
